Arrays est une machine, un corps numérique qui prend vie sous les yeux du public. Son chant propre éveille, évoque, provoque, gère, classe, tous nos souvenirs et nos métaphores et bientôt si nous n’y prenons garde…notre futur et peut-être nous même.

Nous sommes aujourd’hui dans une phase où chaque élément de notre environnement matériel est en voie de numérisation pour reconstituer un contexte de vie dans l’espace des données virtuelles. Cette phase annonce celle de notre migration en tant qu’entités singulières faites de chair et d’intelligence vers l’état d’agents du Réseau asservis à la logique binaire de quelques lignes de code. Progressivement, notre espèce renonce à son incarnation dans cette réalité de contraintes et de possibles qui lui a permis de se développer depuis sa naissance jusqu’à l’avènement des Nouvelles Technologies. Progressivement, notre présence tangible dans ce monde s’efface, nos traces disparaissent peu à peu car nous les transférons au sein d’un nuage de données que nous voulons construire à l’image de ce que nous croyons être la Création. Progressivement, nous renonçons à l’incertitude, aux doutes et aux questionnements que notre présence dans l’univers analogique a toujours suscités en nous.

Progressivement, nous nous livrons, âme puis corps, au manichéisme et à l’efficience brutale de la Machine. Est-ce parce que notre humanité nous est insupportable que nous tendons inexorablement à fusionner avec le Dispositif ?

H.B. / F.D. Avril 2012

ARRAYS @ MUSIQUE ACTION 2015 © JACKY JOANNES

La pièce ARRAYS, créée le 1er avril 2012 à Paris, précède de 10 ans la pièce TESLA. Elle décrit le monde d’après, celui de la modernité, des applications infinies de l’énergie. C’est l’époque de ces inventions qui facilitent la vie. Elles annoncent l’objet ultime : l’ordinateur.

Nikola Tesla a déposé après 1898 de nombreux brevets de machines utilisant la « fonction logique », qui initiera le fonctionnement des ordinateurs modernes. En avance sur son temps, il a la bonne intuition. Mais l’énergie électrique n’est qu’au début d’une longue aventure.

Aujourd’hui, devant la montée en puissance de l’informatique moderne, ARRAYS interroge, plus fort encore, la présence inévitable de l’ordinateur et plus précisément de l’algorithme dans les processus créatifs. Au départ, ARRAYS est une pièce live, qui nous a permis de nous exprimer avec les outils que nous dénoncions. Musicalement, nous avons créé une oeuvre en lutte avec nos certitudes. Une oeuvre où nous avons distillé nos questionnements, nos inquiétudes, affiché nos renoncements.

Les inspirations, les matières de cette pièce sont multiples. De la phrase du Général de Gaulle, qui déclarait en 1960 : « La machine a pris le pouvoir sur la Terre » aux quelques phonèmes empruntés à la partition de « Machinations » de Georges Aperghis ; en passant par les lignes de codes informatiques dont la lecture nous semblait plus poétique que fonctionnelle ; ou encore la phrase, plus philosophique, de Robert Bresson : « Voir les êtres et les choses dans leurs parties séparables, isoler ces parties, les rendre indépendantes, afin de leur donner une nouvelle dépendance », ces pensées et ces fragments ont imprégné notre jeu. Les mots ont été absorbés et « recrachés » ici et là par une synthèse vocale.

Nous nous sommes attachés, au travers de la scénographie, à montrer les matières à l’oeuvre, le combat physique que nous engageons avec la machine. Ces matériaux éclairent la pièce, mais tissent aussi un lien entre matière sonore et sujet. Après la vague « laptop music » et ce que la musique acousmatique avait proposé au mode musical, nous avons cherché une position juste de performer sur scène. Il s’agit de sortir du studio et de retrouver un corps, un geste, agissant et maîtrisant la matière sonore en temps réel.

Un peu plus de dix ans après sa création sur scène, ARRAYS résonne toujours aussi fort dans un monde dans lequel, les avancées de l’IA (intelligence artificielle) viennent questionner en profondeur les processus de création artistique. Dans ce contexte, il nous semblait important de faire revivre cette création sous forme d’un disque.

La pièce ARRAYS, créée le 1er avril 2012 à Paris, précède de 10 ans la pièce TESLA. Elle décrit le monde d’après, celui de la modernité, des applications infinies de l’énergie. C’est l’époque de ces inventions qui facilitent la vie. Elles annoncent l’objet ultime : l’ordinateur.

Nikola Tesla a déposé après 1898 de nombreux brevets de machines utilisant la « fonction logique », qui initiera le fonctionnement des ordinateurs modernes. En avance sur son temps, il a la bonne intuition. Mais l’énergie électrique n’est qu’au début d’une longue aventure.

Aujourd’hui, devant la montée en puissance de l’informatique moderne, ARRAYS interroge, plus fort encore, la présence inévitable de l’ordinateur et plus précisément de l’algorithme dans les processus créatifs. Au départ, ARRAYS est une pièce live, qui nous a permis de nous exprimer avec les outils que nous dénoncions. Musicalement, nous avons créé une oeuvre en lutte avec nos certitudes. Une oeuvre où nous avons distillé nos questionnements, nos inquiétudes, affiché nos renoncements.

Les inspirations, les matières de cette pièce sont multiples. De la phrase du Général de Gaulle, qui déclarait en 1960 : « La machine a pris le pouvoir sur la Terre » aux quelques phonèmes empruntés à la partition de « Machinations » de Georges Aperghis ; en passant par les lignes de codes informatiques dont la lecture nous semblait plus poétique que fonctionnelle ; ou encore la phrase, plus philosophique, de Robert Bresson : « Voir les êtres et les choses dans leurs parties séparables, isoler ces parties, les rendre indépendantes, afin de leur donner une nouvelle dépendance », ces pensées et ces fragments ont imprégné notre jeu. Les mots ont été absorbés et « recrachés » ici et là par une synthèse vocale.

Nous nous sommes attachés, au travers de la scénographie, à montrer les matières à l’oeuvre, le combat physique que nous engageons avec la machine. Ces matériaux éclairent la pièce, mais tissent aussi un lien entre matière sonore et sujet. Après la vague « laptop music » et ce que la musique acousmatique avait proposé au mode musical, nous avons cherché une position juste de performer sur scène. Il s’agit de sortir du studio et de retrouver un corps, un geste, agissant et maîtrisant la matière sonore en temps réel.

Un peu plus de dix ans après sa création sur scène, ARRAYS résonne toujours aussi fort dans un monde dans lequel, les avancées de l’IA (intelligence artificielle) viennent questionner en profondeur les processus de création artistique. Dans ce contexte, il nous semblait important de faire revivre cette création sous forme d’un disque.

HERV. BIROLINI / FRAN.OIS DONATO – SEPTEMBER 2023

ARRAYS @ MUSIQUE ACTION 2015 © JACKY JOANNES

ARRAYS CONCERT @ FRAGMENT – 9 AVRIL 2013 – THÉÂTRE DU SAULCY – © EMILIE SALQUÈBRE

DIRECTION ARTISTIQUE : HERVÉ BIROLINI
COMPOSITIONS, ORDINATEUR, CONTRÔLEURS, WIIMOTE : HERVÉ BIROLINI & FRANÇOIS DONATO VIDEO LIGHT : OLIVIER IRTHUM
ENREGISTREMENT AU STUDIO DU CCAM SCÈNE NATIONALE
DE VANDŒUVRE LES NANCY : HERVÉ BIROLINI & FRANÇOIS DONATO
MIXAGE AU STUDIO EOLE A TOULOUSE : HERVÉ BIROLINI & FRANÇOIS DONATO
MASTER : ALEXANDR VATAGIN
SAMPLES :
MATRIX / LES WACHOWSKI 1999
CUBE 2 / ANDRZEJ SEKUŁA 2002
MACHINATIONS DE GEORGES APERGHIS / TEXTES RÉUNIS PAR PETER SZENDY 2001 PERSONNE NE PARLERA DE NOUS QUAND NOUS SERONS MORTES / AGUSTÍN DÍAZ YANES 1995 NOTES SUR LE CINÉMATOGRAPHE / ROBERT BRESSON 1975
ARRAYS EST UNE COMMANDE DU GRM (GROUPE DE RECHERCHE DE L’INA)
AVEC LE SOUTIEN DE LA RÉGION GRAND EST POUR LE FESTIVAL PRÉSENCE ÉLECTRONIQUE PIÈCE CRÉÉE LE 1ER AVRIL 2012 AU CENTQUATRE–PARIS